Julio Norte, triomphateur du jour ! ©JYB
Séville commence en beauté sa féria de Primavera : un lot de novillos de bon aloi, même si je n’irai pas jusqu’à les couvrir des mêmes éloges que certains sites taurins espagnols, car les piques n’ont pas été prises avec bravoure, sans oublier que les vétérinaires en avaient refusé 3 pour « falta de remate ». Sans oublier aussi les vueltas de campana : à trop chercher l’humiliation, les ganaderos perdent en qualité !

A la sortie, ils avaient un peu trop tendance tous à se réfugier et prendre querencia au soleil où il n’y avait pas de capes pour les perturber. Certes, ensuite ils chargeaient et faisaient leur devoir de nobles novillos, mais il y avait cette impression de mansedumbre qui a culminé avec le 6 ème, manso perdido jusqu’à ce que la muleta de Julio Norte lui redonne le sens du combat.


Côté novilleros, on a vu beaucoup de bonnes choses, notamment à la cape : quites et réponses à chaque toro avec des passes variées.

Si cette génération de novilleros continue dans cette voie, on ne s’ennuiera pas aux arènes dans les années qui viennent !


Emiliano Osornio a toréé très classique, avec peut-être un répertoire un peu plus restreint que celui de ses companeros, mais des moments de grand style. Malheureusement, il a séché à l’épée.

Tomas Bastos, tombe sur les 2 meilleurs novillos de l’envoi notamment le 5 ème

A son premier il entame sa faena à genoux en passes aidées par le haut, puis entend la musique dès les premiers derechazos. Le toro se défend plus à gauche mais reste très noble. L’estocade ne sera pas concluante et le descabello limite le triomphe à une vuelta.

Mais au 5 ème accueilli à porta gayola, il va donner un toreo de classe en séries liées sur les deux bords après une entame par pendules devant un novillo qui répond avec caste et noblesse.


L’estocade entière, tombée mais foudroyante lui permet de couper une oreille.

Julio Norte est le vainqueur du jour et c’est mérité :

à son premier, il entame sa faena par cambiadas à genoux, et lie les premières séries en musique, notamment à gauche, corne visiblement préférentielle du toro. L’estocade entière foudroyante lui permet de couper l’oreille.

Mais c’est à son second qu’il va être impressionnant : après un premier tiers quelconque où l’on ne voit que la mansedumbre du novillo, Julio Norte l’accueille à genoux en derechazos profonds et le toro semble tout à coup, changeant complètement de comportement, vouloir « bouffer » cette muleta qui le nargue. La musique sonne, bien sûr, et les séries s’enchainent, liées, suscitant les olé de Séville.

Grande faena de Norte qui après un pinchazo ne coupera qu’une oreille, mais sortira quand même a hombros.
Au final une novillada très intéressante et qui pourrait rester dans les mémoires des aficionados présents (2 bons tiers d’arènes).
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