Tallista, n°81 de Santiago Domecq, à sa sortie du toril, Séville le 15 avril 2026. ©JYB
Santiago Domecq avait envoyé à Séville un bon lot de toros avec 3 supérieurs et 3 posant plus de problèmes sans avoir moins de qualités. Les deux premiers en particulier ont impressionné par leur charge, le 1 sur la corne droite, le 2 sur la gauche. Le 6 ème fut aussi un grand toro sur la corne gauche. Ces 3 toros ont chargé de loin avec alegria et poursuivi leurs attaques jusqu’à suivre la muleta vers le haut des pechos. Le sorteo avait bien fait les choses puisque chaque maestro a touché un de ces toros supérieurs, ce qui leur a permis de couper chacun une oreille. Mais les qualités du lot auraient sans doute pu permettre des triomphes plus importants !

Miguel Angel Perera impressionne d’emblée par une grande série de véroniques, templées et profondes.

Comme à son habitude, il fait peu piquer son toro et après le quite en véroniques de Galvan, entame sa faena à genoux par cambiadas suivies de derechazos :

Le toro répond avec caste et il enchaine en musique ( elle aura joué 6 fois aujourd’hui !) par des séries droitières avec beaucoup de ligazon. Suivra une bonne série de naturelles, bien liées mais un peu moins percutantes, et en final des naturelles alternées des deux mains.

L’estocade sera entière mais tombée ce qui limite la récompense à une oreille alors que 2 étaient réclamées par le public. Mais un grand Perera superbe lidiador, même si un de mes voisins affirmait « trop technique, pas assez d’émotion », après une faena vibrante qui avait déclenché les Olé de la Maestranza.

A son second, bien accueilli à la véronique, le toro est plus compliqué, bon à droite où la musique joue, mais moins encasté à gauche où la musique s’arrête. L’épée atravesada et tombée permet juste de saluer. Le toro est applaudi mais sans vraiment le mériter.

David Galvan reçoit le second par de bonnes véroniques comme il les aime, fait peu piquer son toro et après le quite de Palacio en chicuelinas serrées et média belmontina, entame sa faena en aidées par le haut suivies de derechazos qui déclenchent la musique.

Mais c’est sur la corne gauche que le toro est supérieur, ce qui lui permet une série à pieds joints ! L’estocade est trasera et plate mais suffisante et lui vaut une oreille.

Le cinquième, contrairement à la tradition a une sortie indécise : il remate les burladeros, mais se retire au soleil en refusant les cites. Il se fixe néanmoins dans la cape de Galvan et après 2 piques « regular » et un quite en tafaleras de Palacio, il sera accueilli par doblones et dès cet instant montrera sa faiblesse et accusera ses efforts. Après 4 séries, Galvan abrège et l’estoque d’une épée tendida et tombée d’effet lent pour le silence.


Palacio, qui veut marquer pour son premier passage de matador à Séville, commence par 2 largas de rodilla aux barrières, puis dirigera son toro vers la pique en chicuelinas marchées.

Au quite, Perera lui montrera de superbes chicuelinas ! A la faena, entame par le haut puis les derechazos font retentir la musique.

Mais après 2 bonnes séries de naturelles, le toro ira a menos et la musique s’arrêtera. L’épée entière mais qui ressort nécessite 7 coups de descabellos ce qui n’empêchera pas le public de lui offrir un salut d’encouragement.

Heureusement le 6 ème est un autre bon toro qui s’engage dans de belles véroniques, pousse à la première pique, et lui permet une magnifique entame à genoux par le haut, suivie d’un molinete de catégorie et une première série de naturelles, sur la meilleure corne du toro.


La musique joue bien entendu, et lui permet une bonne faena devant un toro qui charge avec caste et a des retours rapides. Il termine en statuaires et trinchera avant une épée entière desprendida qui lui permet de couper lui aussi une oreille.


Le public, (2 gros tiers d’entrée) est sorti content ! Il a apprécié le toreo de domination de Perera et l’élégance de Galvan, mais il suivra sans doute les prochaines sorties de Aaron Palacio qui confirme ici le triomphe de son alternative nîmoise et les succès qui ont suivi dont Saragosse.
De bonnes photos. Bravo!