Peluquero, n°67 d’Adolfo Martin, qui va blesser Paco Urena, toro puissant, armé haut et fin, à Madrid, le 31 mai 2026. ©JYB
Des 6 toros d’Adolfo Martin sortis en piste à Las Ventas, le premier qui pesait 596 kilos (!) a entrainé des protestations pour les suivants qui avaient des poids plus raisonnables pour l’encaste (autour de 515 kg), mais paraissaient aux yeux de certains, manquer de trapio.

Côté comportement: un lot de complications surtout pour les 3 premiers manifestant un danger sourd, le 3 ème allant blesser Paco Urena lors d’une première série à droite. Les 3 derniers plus abordables allaient permettre à Ferrera de couper 2 oreilles et sortir par la grande porte..

Manuel Escribano tombe sur le moins bon lot, car ses toros avaient peu de transmission, et gère ses adversaires en grand professionnel, respectant ses traditionnelles porta gayola et pose de banderilles (très bonnes à son second).

A son premier court de charge et s’arrêtant dans la passe, il ne peut enchainer les séries. Son second suit la muleta mais sans énergie. Il tue mal et doit utiliser le descabello à chaque toro.

Paco Urena sert de belles véroniques à Peluquero, malgré la défensive de son comportement et les signes de faiblesse après la pique. Mais après un tiers de banderilles posées 1 par 1, en abordant la faena par la droite, il se fait prendre et reprendre.

Sans tenir compte de sa blessure, pourtant évidente dont le sang s’élargit sur sa taleguilla, il reprend les trastos et donne à son toro deux séries une à gauche, supérieure et une à droite de moindre intensité, avant de tuer d’une estocade prudente et habile (on peut lui pardonner au vu des circonstances) et de prendre la direction de l’infirmerie d’où il ne reviendra pas.

Reste le cas d’Antonio Ferrera: génial, pueblerino, ou horripilant suivant les points de vue : en ce 31 mai, Le public de Las Ventas penchait plutôt pour génial ce qui peut se discuter !

A son premier, compliqué, qui l’avertit à droite puis le désarme, il termine par une estocade pinchée à l’encuentrosuivie de pinchazos et d’une entière basse à la quatrième tentative.

Il va se réveiller au quatrième plus abordable par sa fixité sur le leurre et sa noblesse, (Ferrera touchera alors le meilleur lot avec le second d’Urena) où après des véroniques nerveuses, il va servir des naturelles de la gauche et de la droite d’un niveau supérieur. Pourquoi, alors, éprouver le besoin de ce cinéma d’estocade à distance (le toro ne voulait pas démarrer de loin pour un recibir) alors que la 3 ème tentative sera foudroyante ?



Au sixième, qu’il va tuer à la place d’Urena, Nouvelle séance de cinéma : Il pique lui-même le toro, plutôt mal sauf à la dernière pique après un litige avec la présidence qui semble avoir ordonné le changement de tercio, ce que les alguazils ni les clarines n’ont pas vu ou compris.

Bien, le brindis à la porte de l’infirmerie.

Suit une faena de qualité, avec de belles naturelles, et encore la même tentative de mise à mort: elle se traduit par un bajonazo recraché par le toro et 1 descabello avec une forte pétition qui lui permet de couper une oreille.



Reste le mauvais goût : lorsqu’on triomphe grâce au toro d’un companero blessé, on sort à pieds et si possible en direction de l’infirmerie pour prendre des nouvelles et non pas a hombros au milieu d’une foule de jeunes braillant torero, torero par la grande porte… Peut-être Las Ventas devrait elle adopter la règle des deux oreilles au même toro pour obtenir la sortie en triomphe ?
POUR EN SAVOIR PLUS ET OBTENIR PLUS DE DETAILS :
La resena détaillée de Nino de Saint Raphaël, sur toreoyarte.com
Les commentaires de Thierry Reboul sur tertulias.fr
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