Cocinero, n°72 d’Escolar Gil, à Céret, le 12 juillet 2026. ©JYB
Lorsqu’on avait vu ou entendu parler du résultat des Escolar Gil à Pampelune la veille, ce n’est pas sans un peu d’appréhension que l’on abordait cette dernière corrida du cycle cérétan. L’ADAC avait bien fait les choses en demandant à Sanchez Vara de remplacer Juan de Castilla, blessé à Pampelune. Mais qu’allaient donner les toros ?

Superbes de présentation, avec des armures imposantes,ils ont suscité des « whaouh » et des applaudissements à leur sortie en piste. A la pique, ils ont chargé sans rechigner et ont étalé leur bravoure. A la muleta, il fallait gérer, mais ils ont permis à Sanchez Vara et Solera de montrer leurs capacités.

Antonio Ferrera dont on se demande ce qu’il est venu faire à Céret, accueille son premier par des capes très mobiles, en reculant sur chaque passe. Le toro n’est peut-être pas le plus commode du lot, mais Ferrera ne fait pas beaucoup d’efforts et il entend ses premiers sifflets.


Même comportement à son second, plus abordable, mais qu’il ne veut pas voir et qu’il fait piquer lourdement après un toreo constamment sur le recul qui lui vaut une bronca significative.


Seule conclusion de ce désastre : les toros de combat sont de grands athlètes d’une force et d’une souplesse remarquables !

Avec Sanchez Vara on passe à toute autre chose : son toro est plus vif que le premier avec le même trapio impressionnant et il est accueilli par de belles véroniques, avant d’être bien piqué par Adrian Navarrete qui obtiendra le prix du meilleur picador.

Tercio de banderilles supérieur par le maestro, avant une faena de qualité devant un toro de grande fixité dans la muleta ce qui lui vaudra une pétition de vuelta posthume non concédée par le palco.



La demie estocade desprendida ne permettra pas à Sanchez Vara de couper une oreille, mais lui vaudra une vuelta très applaudie.
A son second, piqué trasera par FJ Navarrete, il orchestrera un tercio de banderilles extraordinaire, terminant sur une chaise pour une paire au vol qui n’est pas un vrai quiebro.

La faena sera de classe à un toro qui suit bien avec une grande série de la droite et une autre de la gauche malgré (comme la veille) quelques cris de pico malvenus.

L’estocade, entière légèrement desprendida, sera foudroyante et lui permettra de couper une oreille.

Maxime Solera jouait gros pour un de ses rares contrats de la temporada: A son premier, il a du mal à s’accorder avec Buenmoso, qu’il torée avec prudence.

L’estocade, précédée d’un pinchazo ne lui vaudra que le silence.

Le 6 ème, Cocinero, va lui offrir sa noblesse et sa bravoure, s’employant dans la cape et la muleta : une superbe entame par doblones, de grandes séries de derechazos, puis de même des naturelles où le toro montre sa classe et où Solera se hisse à sa hauteur.


L’estocade en 2 temps (1/2 épée caida puis entière contraire) le privera de trophées, mais le public lui offrira une vuelta très fêtée, à laquelle il associera (initiative très bien venue), le mayoral de l’élevage.
Au total, un grand lot d’Escolar Gil, et une grande tarde de toros toros : le public reviendra à Céret !
Aurais-tu inventé le concept de « photos vivantes »?
C’est ce que je ressens en regardant et lisant ta resena.
Bravo !
Je suis un peu moins dithyrambique que toi en ce qui concerne Maxime Solera que je n’ai pas trouvé à la hauteur du 6 (ce qui est tout à fait comprehensible étant donné le peu de corridas toréées !)
Enhorabuena Jean-Yves
Emmanuel