Morante devant le toro n°137 de Juan Pedro Domecq, à Séville, Le 6 mai 2019. ©JYB archives
Deuxième volet de ce reportage sur les grimaces des toreros (avec toujours mes excuses à ceux qui s’estimeraient froissés), avec la certitude que même les plus grandes figuras ont ce réflexe.


Pour bien éclaircir les choses, le témoignage très poétique de Miguel Abellan, recueilli par François Zumbiehl dans l’article précédemment signalé :

« La grimace peut arriver à cause d’une complicité absolue avec le taureau, ou, au contraire, parce qu’on n’arrive pas à franchir la barrière qu’impose l’animal, et alors on a besoin de transformer son corps et sa personnalité en dragon, en une bête plus farouche que le taureau lui-même.


La grimace peut être le reflet d’une jouissance, le reflet de l’artiste en train d’éclore et de se transformer en papillon, et de passer d’une nature mortelle à une âme immortelle, déguisée en torero ;


..ou cela peut être l’inverse : la nécessité impérieuse de se transformer en démon, en monstre, pour être capable d’affronter et de vaincre le fauve qu’on a devant soi. La grimace fait de vous parfois un dieu, et parfois un démon.


On se trouve avec le chaos de la guerre et du feu, avec le démon révélé en taureau, et, de l’autre côté, avec la divinité absolue du paradis. »

Et parce que toutes ces photos ne traduisent en fait qu’une seule chose : la rage de vaincre du matador :

Pourtant, malgré les recherches approfondies dans des centaines de photos d’archives, il ya un matador dont je n’ai pu saisir la moindre grimace : Sébastien Castella (tout au plus, un léger pincement des lèvres ci-dessous) : signe d’extrême contrôle de soi ou de sureté de son Toreo ? Qui pourrait le dire ?

Commentaires récents