Morante de la Puebla en larga devant Pelifino, n°37 de Garcia Jimenez, à Séville le 20 avril 2026. ©JYB
Cette corrida, dont nous n’avons pas parlé a été celle de la cornada de Morante de la Puebla au 4 ème toro. L’émotion a été telle, surtout après la parution du parte facultativo « muy grave » que le reste de l’événement était passé sous silence. Pourtant il y a eu de fort belles choses dans cette tarde.

D’abord, au premier, on s’attend à un nouveau triomphe de Morante qui débute à la cape par des largas et une série de superbes véroniques sui generis et de chicuelinas.

Son entame de faena par des doblones spectaculaires soulève l’enthousiasme et à la 3 ème série, des derechazos liés déclenchent la musique.

L’estocade sera plutôt meilleure que ses prestations habituelles et lui vaudra la première oreille de la tarde.

Lui succède Borja Jimenez, qui accueille son toro à l’imitation de Morante par Véronique et chicuelinas. Son toro est moins brave qui sort suelto de la 2 ème pique.

L’entame de faena par trincheras et derechazos liés sera superbe, suivie d’une très bonne série à droite, liée également qui déclenche la musique.


La tentative à gauche montre la corne plus agressive du toro et il revient sagement à droite pour de très bonnes séries. L’estocade sera entière mais tombée ce qui n’empêchera pas l’attribution d’une oreille.

Rufo tombe sur un toro un peu faible, qui sera peu piqué, et qui ne supportera pas plus que les doblones d’entame et 5 séries essentiellement à droite. Rufo lui donne une bonne faena classique, sans chichis, bien toréée, mais il manque la transmission..

Sort le quatrième, Clandestino, et c’est la cornada de Morante que l’on retrouvera ici:
Après la blessure de Morante, c’est Borja Jimenez qui reprend la lidia de ce toro sorti mansote, et qui va le brinder à son ancien à la porte de l’infirmerie.

Ayant vu la corne gauche litigieuse du toro, il entame sa faena par des derechazos à genoux qui font sonner la musique.

La suite de la faena reste dans les hauteurs 2 grandes séries de derechazos liés serrés, en exploitant bien la charge vive du toro; une bonne série de naturelles et des circulaires inversées énormes comme dernière série.

L’estocade se donnera en 3 temps : Mete y saca, pinchazo avec un coup de plat de corne visiblement douloureux, et une entière. Cela ne permet pas l’attribution de trophée, mais il fait une vuelta. D’aucuns lui reprocheront d’avoir donné une faena à ce toro au lieu de le liquider rapidement. On lira ci-dessous dans la resena complète et détaillée de toreoyarte.com les commentaires éclairés sur ce sujet.

L’ordre de sortie des toros ayant été modifié, c’est Tomas Rufo qui intervient en 5 ème position Son toro est changé pour corne cassée et Mariposo sort en mansote, subit 2 piques carioquées et manifeste sa faiblesse au long de la faena.

Le Toro ne transmet pas et, malgré ses efforts, (entame à genoux et quelques gestes), Rufo ne peut pas en tirer grand chose : mauvais sorteo pour lui en ce jour.

Sort enfin Sosito, n°50 de Olga Jimenez que Borja va accueillir à puerta gayola et suit par une grande série de véroniques à genoux.

Le toro est très mobile et bien exploité par Borja Jimenez qui entame sa faena par 4 pendules immédiatement suivis par la musique.

Les derechazos se donnent mains basses en pesant sur le toro. les naturelles sont liées et l’épée, bien qu’en arrière sera concluante le toro mourant debout lentement. Le public réclame l’oreille qui est accordée.

Borja Jimenez peut sortir en triomphe par la porte des cuadrillas, mais contrairement à ce qui semble devenir une habitude à Séville, la jeunesse ne se précipitera pas dans le ruedo pour l’accompagner : l’émotion de la cornada de Morante était trop forte !
POUR EN SAVOIR PLUS :
L’analyse détaillée de Nino de Saint Raphaël sur toreoyarte.com, sans négliger les commentaires très intéressants:
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