Carafea, n°32 de Dolores Aguirre, face à Santiago Morales Chocolate monté sur Destinado, à Céret le 16 juillet 2022. ©JYB archives
L’ADAC de Ceret vient d’annoncer pour sa feria de cette fin de semaine, une innovation importante : la suppression des lignes tracées sur la piste pour délimiter les terrains respectifs du toro et du picador. Voici le communiqué de l’ADAC.
» Comme vous le savez l’ADAC a toujours été à l’avant-garde de la défense et de la promotion du tercio de piques.

Cet intérêt particulier pour la mise en valeur de cette phase si nécessaire à l’expression du toro a contribué à forger l’identité des arènes cérétanes. Dès 1988, sous l’impulsion de Ruiz Miguel avec la présence d’un seul cheval en piste. Le tercio mémorable du novillo de Dolores Aguirre en 1995 pour la Saint Ferréol. Et surtout à partir des années 2000, la présence de la Cavalerie Bonijol qui a révolutionné le premier tiers en lui redonnant tout son attrait.
La modernité et l’intérêt de cette phase de la corrida résident dans le retour à une cavalerie mobile, libérée de toute contrainte, pour affronter sans entrave ni limite n’importe quel toro. Dans cette perspective, notre président fondateur Jean-Louis Fourquet et Alain Bonijol ont toujours été de fervents partisans de la suppression des lignes tracées sur le sable de l’arène pour délimiter la position du cheval et du toro. Ils les ont toujours considérées comme des entraves à la libre expression et au courage des picadors et des freins à la mise en valeur du toro.
En accord avec les différentes cuadrillas, l’ADAC a proposé de supprimer le marquage des lignes sur le sable. L’Union des Villes Taurines de France a consenti, à déroger à titre expérimental, à l’article 64 du règlement taurin. «
Rappelons quelques points d’intérêt : La première ligne à 7 m de la talanquère a été créée, au siècle dernier, à la demande des picadors qui souhaitaient rester dans une zone où ils pouvaient recevoir le secours des cuadrillas, notamment en cas de batacazo, ou de blessure du cheval avant l’instauration du peto. La seconde ligne a été créée à la demande des ganaderos, car les piques données de manière trop rapprochée ne permettaient pas de mettre en valeur la bravoure du toro.

La distance entre les deux lignes est de 3 mètres qui est le minimum à respecter pour évaluer le comportement du toro. Bien évidemment, la distance réelle est le plus souvent un peu plus grande, mais le principe est généralement appliqué. Aux piques suivantes, la distance peut être augmentée et c’est ainsi que se juge la bravoure du toro : après la première pique il sait qu’il va ressentir de la douleur, (même si les hormones endorphines largement secrétées atténuent cette douleur), mais il charge quand même. Remarquons au passage, que si le toro est mis en suerte d’assez loin, le fait que le picador « morde » sur la ligne n’a plus vraiment d’importance et ne mérite pas les cris et les sifflets que l’on entend trop souvent.

Bien entendu, tout ne se passe pas toujours suivant ces règles: certains toreros, cherchant à toréer le public, mettent le toro en suerte à grande distance dès la première pique, ce qui est une erreur.

Mais on a vu aussi en 2021, le lot totalement manso de Reta de Casta Navarra, dont tous les exemplaires ont du être poursuivis par 2 picadors (contrairement à la tradition de Céret où un seul picador est en piste en raison de la taille du ruedo) tout autour de l’arène sans pouvoir réellement être piqués correctement. Heureusement, ce cas est pour l’instant unique dans les annales sauf à remonter plus d’un siècle en arrière…
Au total un seul principe doit subsister : le toro ne doit pas être mis en suerte à moins de 3 mètres du picador. Qu’il y ait des lignes ou non perd alors de son importance.
POUR EN SAVOIR PLUS
Un excellent article de Thierry Reboul sur le sujet.
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