Enmudecido, n°5 de Pages-Mailhan, qui va être gracié devant Jose Garrido, à Arles, le 13 septembre 2026. ©JYB
Ce fut une grande tarde, grâce à un lot supérieur de Pages-Mailhan, bien présenté, encasté, chargeant de loin et poussant à la pique, avec beaucoup de noblesse dans la muleta. L’ensemble a culminé quand est sorti le cinquième (il n’en est jamais de mauvais, pour une fois le proverbe s’est largement confirmé) : Enmudecido, n°5 ou 205, applaudi à son entrée en piste, qui s’engage dans des véroniques templées.


Jusque là un bon toro, mais qu’allait-il donner à la pique ?


Au premier puyazo, la charge est brutale, le choc fait reculer le cheval qui est poussé sur les deux cornes jusqu’aux planches, avant de s’en sortir vers le centre de la piste sans que Enmudecido cesse de pousser.

Après un quite par delantales de Jose Garrido, la seconde pique partie de plus loin sera aussi poussée, même si, le banderillero de service étant un peu loin le toro parait sortir suelto au lieu de répondre au cite.
Les banderilles seront regular et sans problèmes, avant que le maestro ne s’engage dans la faena, après avoir brindé ce toro à Jean-Baptiste Jalabert.

Les premières passes par le haut, seront originales avec le coude sur la talanquère et un pied sur l’estribo.

Suivra une faena de rêve marquée surtout par le ligazon, avec un magnifique Enmudecido, qui fait l’avion sur les deux cornes sans être le moins du monde soso !

Parce qu’on est à Arles où l’on a vu dans cette féria beaucoup de toreo à genoux, Jose Garrido va offrir une série à droite à genoux tandis que Enmudecido ne se lasse pas de charger.

A partir de là, la pétition d’indulto va monter, partie des gradins au dessus de la porte des cuadrillas, et, le temps de consulter l’éleveur, le mouchoir orange va tomber de la présidence. Bien sûr, le toro n’aura pris que 2 piques et l’on aurait aimé voir, par exemple, un regaton complémentaire, mais je ne pense pas que cette grâce soit imméritée.
Il fallait un torero d’expérience et de goût pour se mettre devant ce toro et en tirer la substantifique moëlle ! Jose Garrido était l’homme du jour, en espérant que cette prestation lui permette de sortir de l’ombre dans laquelle le maintiennent les empresas : il le mérite ! Suerte Maestro !


La sortie a hombros sera enthousiaste et le ganadero qui avait déjà été associé à la vuelta, méritait bien cet honneur lui aussi !

Bien entendu, le reste de la corrida vous sera montré dans un autre article !
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