David Galvan au cite devant le toro n°20 de Daniel Ruiz, à Séville, le 6 mai 2014. ©JYB archives,
Le titre de cet article est un peu provocateur et je présente mes excuses aux diestros qui se sentiraient offensés.

Mais il traduit une réalité : que ce soit au cite ou au cours de la passe ou dans d’autres moments du combat (banderilles, estocade), le visage du matador se contracte, les machoires se serrent, traduisant l’énergie, la tension, la volonté du maestro, la bouche se pince ou s’ouvre lèvres en avant.

Ce n’est que la libération de la passe de remate qui fait céder cette « grimace » dans un cri silencieux qui expulse le stress ressenti dans le combat.


Même les plus grands ne sont pas exempts de cette habitude qu’on ne peut d’ailleurs leur reprocher si elle les met en condition pour nous offrir les plus belles suertes de leur combat.



Voici ce qu’écrivait à ce sujet, François Zumbiehl dans un article paru entre 2 temporadas dans Sud-Ouest:
« Sur sa figure, chaque fois qu’il s’apprête à donner une passe, une grimace s’imprime et déforme légèrement sa bouche.


Elle est à ce point liée à l’acte de toréer qu’elle se manifeste même lorsqu’il torée dans le vide, pour se parfaire dans le métier ou s’entraîner ; « de salón », comme on dit.


Est-ce un rictus de tension ? De jouissance ? L’un et l’autre, sans doute. Il naît au moment de l’appel, avant que l’homme n’ait entamé avec le bras le parcours de sa passe, telles l’annonce et la promesse de la chorégraphie qu’il a en tête et qui, dans une seconde, va devenir réalité.


Il s’éteint avec le « olé » sourd, murmuré dans les entrailles de sa bouche, par lequel le torero accompagne le taureau jusqu’à la sortie de la passe, pour renaître aussitôt dans l’appel suivant.


C’est la traduction physique de l’expression si taurine qu’on emploie pour suggérer que l’artiste, livré à sa création dans l’arène, s’émeut et se transfigure par sa propre émotion de toréer, et s’acclame lui-même. Cette expression, qui confirme qu’il est parvenu, ici et maintenant, au sommet de son art, est « gustarse », « se plaire ».


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