Il y avait du bois, selon l’expression consacrée : ici Avellano, n°30 de Saltillo, à Céret, le 11 juillet 2026. ©JYB
Pour la féria de Céret, l’ADAC avait programmé pour sa première journée, outre la novillada en solitaire de Mario Vilau (à laquelle je n’ai malheureusement pu assister), un défi ganadero entre Saltillo et Dolores Aguirre.
Disons le tout de suite le trapio des toros est impressionnant, leur comportement plus inégal mais très intéressant. Les Saltillo, notamment les deux premiers sont plus nobles avec moins d’aspérité que ceux qu’on a pu connaitre dans le passé. Les spécialistes affirment que c’est en raison d’un apport de sang Buendia ?

Sanchez Vara accueille Morisqueno par de belles véroniques en gagnant au centre, avant de le faire peu piquer d’autant que le toro ne s’emploie pas beaucoup. Il prend alors les banderilles pour un deuxième tiers enlevé et applaudi, avant de brinder au public.


Après une entame par doblones et trincherilla, et 2 très belles séries de derechazos à un toro noble mais qui commence à se défendre à la 3 ème passe de la série, puis 1 seule série de naturelles car la corne gauche inspire méfiance, il reviendra à droite sous les cris de « pico » de quelques espagnols dans les gradins.

L’estocade 1/3 d’épée en place sera suivie d’un pinchazo et d’une entière desprendida et tendida. Ce qui ne l’empêchera pas de saluer. Pour le toro, division d’opinion.

Sort alors Azulejo, très applaudi pour son trapio et ses remate au burladero. Damian Castano l’entreprend classiquement avant de le faire peu (et mal) piquer. Bonnes banderilles de Ruben Sanchez.

L’entame de faena en doblones est vibrante : le toro, noble, suit et répète, avant de regarder le maestro à la 3 ème série. Azulejo est exigeant avec beaucoup de fixité dans le leurre mais il change de rythme dans la passe ce qui complique le travail du torero.

Au moment de prendre l’épée, Azulejo a toujours la bouche fermée : l’estocade sera entière, légèrement desprendida, et permettra à Castano de saluer sous les applaudissements que le toro recevra aussi.

Avellano, qui sort ensuite est lui aussi armé très large (voir photo ci-dessus). Luis Gerpe l’entreprend par de bonnes véroniques et le conduit au cheval où le toro ne pousse qu’à la première pique. Aux deux suivantes il se défend par hachazos. Le deuxième tiers sera passablement agité: de toute évidence la cuadrilla n’est pas en confiance !

Luis Gerpe entame sa faena par des doblones avant les traditionnels derechazos où le toro, compliqué, se défend. Gerpe réussira à lui extraire une bonne série de naturelles en lui mettant la muleta sous le museau, en baissant la main et en laissant trainer à terre le bord du vuelo.

La mise en place pour l’estocade est difficile car le toro est andarin et charge avant même que Gerpe lève l’épée. L’estocade sera d’ailleurs al encuentro, contraire, et Avellano mourra comme ses frères bouche fermée, après 2 descabellos.

A l’issue de cette première moitié de la corrida, le public était content : toros et toreros lui avaient donné de l’émotion et du spectacle.
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