C’est devant une assistance trop peu nombreuse pour la qualité de l’événement que Nicolas Petriat, président de la Commission Taurine Extra Municipale d’Orthez et Alain Lamouret sont venus présenter la prochaine journée taurine d’Orthez (le 26 juillet prochain).
LES PRINCIPES : UN RAPPEL UTILE
Orthez est une plaza de 3 ème catégorie et la CTEM travaille en direct, les fonds initiaux étant avancés par la ville qui se rembourse sur les recettes directes et annexes. Cette situation oblige à des choix rigoureux et à une politique qui est saine, d’autant que d’année en année, la fréquentation des arènes du Pesqué augmente !
D’où le choix de ganaderias qui n’appartiennent pas au dessus du panier (celles-ci étant trop chères), mais qui fournissent des lots intéressants et des spectacles de qualité. La conséquence est que les maestros choisis pour se mettre devant ces toros doivent tout faire pour mettre en valeur le toro: ce fut le cas l’an dernier avec Francisco Montero et Yeguizo. Montero choisit de donner 4 piques à ce toro qui avait provoqué un batacazo à la première rencontre. Nicolas Petriat avoue : « un matador vedette aurait donné 2 piques réglementaires et aurait ensuite liquidé au plus vite ce toro très encasté ».
On pourra retrouver l’histoire de cet après-midi remarquable dans le livre Yegüizo :
Pas d’étonnement donc à l’évolution toriste de la plaza d’Orthez. Mais celle-ci n’a commencé que lorsque la CTEM a pris en mains l’organisation de la journée taurine du dernier dimmanche de juillet. Auparavant, les empresas délégataires s’appuyaient sur leurs réseaux et leurs amitiés.

Bien entendu, le choix des élevages reste limité pour atteindre l’équilibre : on se demande d’ailleurs comment Orthez arrive à se payer les toros de Dolores Aguirre dont le prix devrait objectivement être hors de portée : la réponse est simple. Orthez est venu à l’aide de l’élevage quand celui-ci traversait une mauvaise passe. Cela a créé des liens d’amitié et une reconnaissance qui ne se dément pas au fil des ans.
Pour le reste, le choix des toros se fait par des visites dans les élevages à l’automne puis après discussion en commission le choix définitif est fait et annoncé. Reste à trouver les toreros qui acceptent de se mettre devant : certains appellent et se portent volontaires, d’autres sont sollicités, d’autres enfin sont suggérés par les ganaderos, ainsi cette année Christian Perez par la ganadera de Dolores Aguirre, avec un argument fort : il a brillé à plusieurs reprises cette année devant ses toros, notamment à Madrid.
Sur le plan économique, les matadors et leurs cuadrillas sont payés au tarif du « convenio » ce document qui fixe les salaires minima en fonction de la catégorie du matador et de celle des arènes. Pour eux, c’est à prendre ou à laisser !
L’EDITION 2026 :
La novillada matinale verra la première rentrée en piste de la ganaderia El Palmeral (ganaderia française, d’origine Attanasio Fernandez et Conde de la Corte, comme plusieurs élevages espagnols de renom comme Dolores Aguirre). Rachetée par son ancien propriétaire Oliver Martin, qui a effectué un grand travail de sélection, ne vendant ses toros qu’en non piquées pendant plusieurs années, et qui n’avait en 2026, qu’un lot de 6 toros pour une novillada, ce qui obligeait à choisir un mano a mano de 2 novilleros (4 novillos + un réserve).

Face à eux, Jean-Baptiste Molas le Dacquois, qui viendra défendre le Sud-Ouest et Mario Vilau qui viendra confirmer les espoirs que l’aficion espagnole met en lui. Habitué aux corridas toristes, et fort de ses nombreux succès, il sera un point d’attraction de cette novillada.
Pour la corrida de la soirée, Orthez a choisi comme le veut la tradition, un desafio ganadero entre les toros de Raso de Portillo, d’origine Santa Coloma : toros piquants solides, agressifs sous la pique exigeants sous la muleta, il faudra bien les lidier; et de l’autre côté, les Dolores Aguirre qui devaient revenir après le succès de Yegüizo et du lot de l’an dernier.

Face à eux : Damian Castano auréolé de son triomphe à Vic cette année devant un Miura de catégorie, Francisco Montero qui avait su mettre envaleur Yegüizo et dont le retour à Orthez était logique, et Christian Perez qui a été héroïque à las Ventas devant un Dolores Aguirre de catégorie.

Devant ce programme alléchant, certains des aficionados présents ont déjà annoncé qu’ils seraient au Pesqué le 26 juillet.
La soirée s’est terminée par la présentation par Alain Lamouret du livre écrit par pieere Vidal consacré à Domingo Lopez Chaves, dont nous avons déjà rendu compte :
Au total une très bonne soirée et la canicule n’avait même pas frappé !
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