le 29 novembre dernier, l’Union des Bibliophiles Taurins de France réunissait son congrès à Fourques : en accueillant les congressistes, le maire soulignait que sa mission était d’entretenir les souvenirs du peuple du toro c’est à dire développer une mémoire culturelle.

La journée se poursuivait par un programme très riche où l’on a peut-être parlé un peu moins de toros que de littérature, pour rester dans le domaine culturel.

Jean-Luc Ginieis intervenait en premier pour évoquer les toreros et les toreras américains plus nombreux qu’on ne l’imagine généralement, dans une intervention qui multipliait les anecdotes: par exemple, l’acteur qui jouait le cow-boy de Marlboro a couru les encierros pendant 20 ans !

Serge Milhé lui succédait pour rendre compte d’une enquête pointue sur l’auteur d’un opuscule paru en 1925 sous le titre « Petit traité descriptif des courses de taureaux », illustré par des textes littéraires d’ « arènes sanglantes » roman publié en Français dès 1910. Pour Serge Milhé, (je vous épargne les détails de l’enquête), l’auteur est le traducteur de Blasco Ibanez Georges Hérelle.

Marc Thorel lui succédait en vrai bibliophile pour évoquer avec beaucoup d’humour des bizarreries bibliophiles et autres curiosités: ainsi les mauvaises surprises, les couvertures réjouissantes (3 couvertures différentes pour le même livre! Ou les contes du viejo mayoral où la photo de la une était trafiquée pour représenter un mayoral en habit de cow-boy l’original n’étant autre que Victorino Martin Padre! etc.). Il évoque aussi les reliures un peu folles, les contenus explosifs commentés par les critiques taurins ou les tartufferies des dédicaces. Beaucoup de sourires ou de rires dans cette intervention.

Joël Bartolotti, remplaçant Francis Fabre absent pour raison de santé, présentait une communication sur le traitement des toreros français par Biou y Toros, l’ancêtre de la revue Toros d’aujourd’hui. Contrairement aux idées reçues ils ont été mentionnés voire soutenus pour certains par la revue, mais l’entrée dans le monde de la corrida était à l’époque, encore plus difficile qu’aujourd’hui.

Le grand moment de la journée était la présentation par Philippe de Graeve, président de l’UBTF du dernier livre de l’UBTF : La corrida est un humanisme, Sartre et Beauvoir dans les arènes écrit par Emmanuel de Monredon.
Evoquant les voyages d’aficionados de Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, il les replace dans l’actualité taurine du moment et évoque les corridas auxquelles ils assistent à travers des textes de leur correspondance entre eux ou avec leurs amant(e)s respectifs. Notons que Simone de Beauvoir était plus passionnée de toros que Sartre qui a quand même défendu la corrida de manière indiscutable. 4 chapitres lavent la corrida du soupçon de franquisme.
Le fond du livre est très taurin en plus d’être très philosophique. C’est en tout cas un éclairage très particulier sur le monde intellectuel du siècle dernier, et un utile rappel du fait que la corrida n’est pas un spectacle politique, mais un élément de la culture populaire multiséculaire.

Le livre peut être commandé dans les bonnes librairies ou plus facilement sur le site de l’Union des Bibliophiles Taurins de France:
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