Il est des métiers que l’on connait peu, parce que leurs titulaires sont peu nombreux dans un marché restreint ou parce qu’ils sont d’extraordinaires spécialistes. C’est le cas du taxidermiste : nous avons tous vu des têtes de toros accrochées aux murs des fincas ou des bodegas; mais comment sont elles fabriquées ?
Pour le savoir, il faut visiter un atelier et écouter attentivement la description du processus complexe des opérations. Juan Jesus Lozano, (aucun lien avec la grande famille d’apoderados et d’éleveurs) nous accueille.

Si vous désirez accrocher au mur de votre salon une tête de toro, il faudra d’abord vous entendre avec le boucher des arènes qui va la vendre, avec la peau. Ensuite il faudra attendre le temps de la préparation: la peau une fois raclés tous les lambeaux de graisse ou de chair va être lavée puis conservée (en fonction de la saison et de la température extérieure), soit dans le sel, soit au congélateur. Et puis, ce qui sera transmis au taxidermiste, ce n’est pas la tête du toro, mais simplement un morceau du frontal portant les cornes.

Car aujourd’hui, on travaille sur un « mannequin de tête de toro », même si, on va le voir, le souci du détail et la précision sont constants. C’est sur ce mannequin que va être posé le crane. Mais cette première phase demande plus de précision : en fonction des photos et des vidéos de l’animal vivant, la position du crane est rectifiée et améliorée.

Vient ensuite la sculpture du frontal du toro : pour cela on utilise de l’argile de potier que l’on modèle toujours en suivant les photos du toro vivant.

La tête est prête, mais il reste à y fixer la peau: on l’enduit donc entièrement de colle à bois puis on y pose la peau qui a été séchée après sa sortie du congélateur et est extrêmement souple.

Les oreilles – quand elles n’ont pas été coupées par le maestro – sont bourrées d’argile pour bien se positionner. D’abord fixée avec des agrafes, la peau sera ensuite cousue après que les lèvres aient été sculptées elles aussi et que les yeux -de verre évidemment- aient été mis en place.


Ne restera plus qu’à fixer la tête sur son socle de bois, la rehausser d’un cordon aux couleurs de la ganaderia, cordon qui est tressé par le fils de la maison,

et à graver la plaque de cuivre qui soulignera les mérites du toro et du matador, plaque également fournie par le taxidermiste.

Le résultat final : une tête en attente de Manuel Escribano ou de la livraison par le taxidermiste ! A noter : on ne touche jamais aux cornes sauf si elles sont escobillées et dans ce cas, on enlève les morceaux qui se détachent. On les enduit simplement d’un peu d’huile pour qu’elles soient plus brillantes.

Et malgré les très nombreuses commandes de têtes de toros, le taxidermiste a d’autres spécialités comme le prouve son stock de trophées !

Commentaires récents