Saltillera de Victor Hernandez en quite devant Barredor, n°73 d’Alvaro Nunez, à Séville, le 16 avril 2026. ©JYB
Morante avait été tellement impressionnant en ce 16 avril qu’on en oublierait presque qu’il y avait des toros et 2 autres matadors pour l’accompagner. Il est donc nécessaire de revenir sur cette corrida, qui n’a pas tenu toutes les promesses que l’on attendait mais a connu quelques moments forts.
Le premier était bien sûr la performance de Morante de la Puebla que l’on retrouvera ici:
Les toros d’Alvaro Nunez n’étaient sans doute là que parce que les vedettes les apprécient. Nobles, sans aucune aspérité, manquant de caste et de mobilité, ils ont donné ce qu’on attendait d’eux, mais sans cette pointe de piquant qui fait de la corrida un spectacle que l’on aime. Notons que 3 avaient été refusés par les vétérinaires pour « falta de remate ».

Juan Ortega accueille son premier à puerta gayola et multiplie les gestes : belles véroniques dans son style sévillan, avec une média d’une lenteur que l’on commence à voir chez plusieurs toreros,

des derechazos bien liés en musique, jusqu’à ce que le toro s’avise et sur la gauche serre beaucoup le torero. Quelques adornos suivent après un retour à droite. Malheureusement pour lui, son estocade est tombée et lui coute une oreille possible.


Son second n’aura pas le même niveau: une pointe de faiblesse, beaucoup de mouvements de la tête (cabeceo) ne permettront qu’une faena sans réelle domination et surtout sans transmission. Les efforts de Juan Ortega n’y peuvent rien..

Le premier de Victor Hernandez sort distrait et part se réfugier au soleil: il faut que Hernandez aille le chercher au centre pour lui imposer des tafaleras et une larga de rodillas. Une chute à l’impact sur la première pique ne laisse pas espérer beaucoup. Le toro passe sur les statuaires d’entame où Victor Hernandez soulève à peine sa muleta avec un parfum très sévillan pour cet originaire de la région de Madrid.



La suite sera une faena presqu’entièrement gauchère, qui bien entendu se fera en musique conclue par une entière en place qui lui permet de gagner une oreille méritée.

Son second qui va seul au cheval et pousse fort, va se révéler plus compliqué, jouant de la tête dans les leurres. Mais il se réserve après 2 séries et ne transmet pas : les naturelles doivent être données 1 par 1

Une série de bernadinas précédera une bonne estocade ce qui permettra au maestro de saluer un public conquis.

Bien sûr Morante avait marqué la soirée, mais ses deux compagnons de cartel méritaient aussi d’être mis en valeur.
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