Cite de Morante assis sur une chaise, aux banderilles devant Cochonero, n°54 d’Alvaro Nunez, à Séville le 16 avril 2026. ©JYB
Suite du bilan de la temporada présenté par Thierry Vignal aux membres du Club Taurin de Paris, le 21 octobre dernier. Ce bilan ne prend en compte que les matadors d’alternative. Pour les novilleros, je vous renvoie à votre revue taurine favorite.
BILAN DES TOREROS.
La temporada a connu 6 vainqueurs :

Morante de la Puebla n’a jamais mieux toréé que maintenant, d’où son statut de mythe. Il a cependant accusé la fatigue en fin de saison (Madrid Saragosse) mais toréer semble être la thérapie de ses problèmes de santé.

Andres Roca Rey a fini la saison plus fort qu’il ne l’avait commencée, (saison brillante avec 119 oreilles coupées) mais il se heurte à Séville comme à Madrid à l’hostilité d’une partie du public qui le conteste ou au minimum ne lui passe rien.

Daniel Luque a eu une saison brillante où il a toréé comme en tentadero d’où certains commentaires : « il fait le toreo mais ne le dit pas ».

David de Miranda auteur d’une belle temporada (voir les 112 oreilles coupées) est installé dans cette catégorie.

Diego Urdiales a toréé plus que les années précédentes. Il domine son répertoire : supérieur à la cape et grand matador.

Pablo Aguado a sorti de grandes faenas dans des arènes de 2 ème catégorie et surtout à la San Miguel : son concept du toreo est intemporel ce qui le rend unique.
Les autres figuras :

Sébastien Castella a fait une bonne saison, sans sommets sauf à Madrid où il a su prendre Cantaor, apogée de sa temporada.

Alejandro Talavante est un peu en dessous de 2025, mais garde son leadership sur l’escalafon grâce à sa grande porte de Madrid.

Miguel Angel Perera semble moins exploiter les toros qu’il y a quelques années.
Les autres matadors : des satisfactions mais quelques doutes.
Emilio De Justo a du mal à transmettre

Borja Jimenez patine et n’arrive pas à franchir le palier suivant, d’autant qu’il perd des triomphes à l’estocade.

Fortes a fait de bonnes choses à Madrid et à Malaga, mais le reste de sa saison est plus mitigé.

Juan Ortega a été en dessous de ses qualités pendant 2/3 de la saison. Il s’est repris en fin de temporada.

Antonio Ferrera bénéficie de ses 2 grandes portes de Madrid, mais son côté baroque, théâtral le fait paraitre truqueur aux yeux d’une partie des aficionados.

Roman, qui a lui aussi ouvert 2 fois la grande porte de Madrid met ses toros en valeur, avec presque un côté César Rincon. Il peut profiter des toros, mais aura du mal à sortir de la zone intermédiaire.

De Tomas Rufo, on espérait plus : il fait toujours figure d’éternel espoir malgré ses qualités notamment de la main gauche.
Les jeunes :

Marco Perez bénéficie de l’appui du mundillo, mais ne mérite sans doute pas encore d’être comparé au Juli. Il reste novillero en esprit.

Victor Hernandez ne s’est pas complètement imposé avec son toreo particulier inspiré de Jose Tomas. En outre son caractère assez froid peut le desservir.

Samuel Navalon a bien profité des occasions et on devrait le revoir avec plaisir.

Aaron Palacio est sans doute celui qui a montré le plus de qualités. Il espère avoir plus d’occasions de se mettre en valeur.

Julio Norte a un concept dans l’intensité : intéressant. Lui aussi est à revoir.
Dans le domaine des corridas dures :

Manuel Escribano ne déçoit jamais. C’est sans doute le seul qui aurait pu figurer avec les toreros de la fin du 20 ème siècle.

Morenito de Aranda a tenu sa place de manière honorable.

Damian Castano interpelle : capable de bonnes faenas, il est un tueur catastrophique.
Les toreros français :

Clemente : bon, il a connu une bonne saison et mérite plus de place en Espagne (rappelons ce qu’a dit de lui le leader du tendido Siete : « El publica no ha estado a la altura de Clemente »).
El Rafi s’est bien sorti de sa temporada.
Super tres belles photos merci Jean Yves